Homos : La Haine encore et toujours !!


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Je le reconnais, je n’ai pas eu la force de regarder le docu Homos : La haine, hier soir à la TV. Pas eu la force de le regarder en avant-première sur le net, ou de voir le replay. Je le garde dans un coin en me disant qu’à un moment, je pourrai peut-être l’affronter.
Parce que tout ce que j’ai pu lire et entendre au moment des “débats” sur la loi du mariage pour tous, je m’en souviens encore très bien. Que ce soit ces cortèges dans la rue et les horreurs balancées dans l’hémicycle. Se faire comparer à des zoophiles, se faire traiter d’abominations. Comprendre que pour certains, on ne pourra jamais faire partie de leur Humanité respectable.

Je ne crois pas avoir jamais été vraiment victime d’une grosse homophobie. Juste quelques propos maladroits par ci par là, pas bien méchants. Un coming-out parental un peu tendu, difficile, qu’on a appris à gérer avec le temps.
La plus grosse homophobie personnelle que j’ai eue à affronter, c’était la mienne, le temps que j’accepte la réalité de qui j’étais et surtout de qui j’allais aimer.
Cela n’empêche que les quelques collègues de ma lointaine époque salariée qui étaient au courant m’avaient bien tous conseillé de ne pas rendre l’info publique. Entre ça et les quelques “blagues” homophobes crasseuses entendues dans les couloirs, j’ai effectivement préféré ne rien dire tout en vivant ma petite vie de couple tranquillement.
Discrètement, surtout. Pas de contact en public, pas de main tenue, de petits bisous et autres gestes tendres que font tous les couples dans la rue. Toujours se retenir, rester aux aguets. Par peur. La peur des regards, des injures, des menaces. Par peur de ne pas savoir comment réagir, de ne pas réussir à gérer, à faire face, de se laisser complètement miner par la haine aveugle de quelques-uns, minoritaires mais bruyants.

On ne peut pas imaginer la violence que c’est que de devoir cacher une partie de soi quand on en voit tant d’autres qui peuvent l’assumer en plein jour sans aucun risque. On ne peut pas le comprendre tant qu’on ne le vit pas soi-même, tant qu’on ne l’a pas intégré dans ses tripes. Je dois cacher qui j’aime, qui partage ma vie, qui est là à mes côtés quand ça va mal, qui me comprend et m’accepte comme je suis, qui me supporte au quotidien, jour après jour. J’ai peur de tenir la main de celle que j’aime dans la rue. Pour certains, ce simple geste est une provocation, un appel à la haine, une excuse à l’injure, une raison de cogner.
Vous ressentez la violence du truc ? Vous imaginez ce que c’est ? Que de craindre de se sentir jugée, détestée à cause de ce qui est censé être juste le plus beau truc dans sa vie, l’amour ? De devoir planquer son amour pour éviter la haine ? Tout le temps ? Constamment ? Devoir veiller à ce qu’on dit, la manière dont on va présenter les choses face à autrui dont on ne sait pas la réaction ? Vous vous rendez compte de cette foutue violence intériorisée, tous les jours, juste à cause, non pas du genre de la personne que vous aimez, mais à cause de la réaction potentiellement foireuse de l’entourage ?

Cette violence, elle porte un nom, c’est l’homophobie. Qu’on arrête de nous emmerder avec l’étymologie, je ne vous parle pas de peur, là, mais de haine, pure et simple. Une haine qui prend plein de formes différentes.
Celle de descentes de flics dans certains pays pour arrêter des homos, passibles de peines de prison voire de la peine de mort.
Celle de tabassages de gens par des groupes aussi lâches que stupides.
Celle de viols correctifs pour des lesbiennes parce que c’est tellement évident que se faire passer dessus par 10 mecs, ça va forcément lui donner envie de devenir hétéro, hein !
Celle de tous les atrocités possibles et imaginables qu’on puisse faire subir à un être humain sous prétexte d’une orientation sexuelle qu’il n’a pas choisie mais qui fait partie de lui.
Mais pas seulement. C’est facile de croire que l’homophobie, ce n’est que les “autres”. Les autres pays, loin, parce que nous, forcément, on n’est pas comme ça.
Ah bon ?

L’homophobie prend bien des visages. Mais derrière, c’est toujours la même chose : la haine. Le jugement. Le mépris. La conviction que seul le couple homme/femme est valable, acceptable. Que seul ce type de couple se doit d’exister vraiment, qu’il est le seul admissible. Que toute autre possibilité est au mieux tolérable, vaguement supportable, mais sans plus. Et que toute manœuvre pour faire évoluer cette conviction se doit d’être combattue par tous les moyens possibles.

Et cette homophobie-là, pas besoin de prendre son passeport et de se payer un billet d’avion pour la voir. Mais cette homophobie-là, elle ne veut pas s’assumer. Pour elle, c’est plus inadmissible de se faire traiter d’homophobe que d’avoir des convictions homophobes.
Sauf qu’il ne suffit pas de se dire contre l’homophobie pour réellement l’être. Tout comme il ne suffit pas de se dire anti-raciste pour pouvoir sortir derrière toutes les horreurs du monde sur les noirs ou de se dire féministe pour avoir le droit de balancer ensuite une bonne grosse blague sexiste qui pue “mais c’est pas sexiste, c’est de l’humour, je suis féministe de toute façon !!”.

Car descendre dans la rue pour dire que seul le couple composé d’un homme et d’une femme doit être reconnu et validé, que seul ce couple-là doit avoir le droit de se marier… c’est de l’homophobie. Ni plus ni moins. Ce n’est pas agréable à entendre ? Parce que vous croyez que vous entendre hurler que mon couple est inférieur au vôtre, c’est agréable, peut-être ??
On peut se planquer derrière plein de “belles paroles”, ces personnes sont très fortes en rhétorique pour ne surtout pas avoir à assumer les conséquences de leurs convictions. Ils ne sont pas homophobes, voyons, ils n’ont rien contre les homos, ils veulent juste qu’ils restent planqués et ferment leur gueule, c’est déjà gentil de leur part de leur permettre d’exister…
Nous donner le droit de respirer, c’est déjà faire preuve d’une belle tolérance selon eux, si on en demande plus, on en demande trop.
La manip pour tous combat l’homophobie, dit-elle avec la main sur son petit cœur. Comment ? Que fait-elle contre ça ? Ah oui, elle râle contre la diffusion d’un docu qui fait de la “propagande gay”, elle menace des mariages, demande à envoyer en tôle des parents d’enfants GPA, fait interdire des conférences sur le genre ou des diffusions de films tout à fait anodins dans les écoles, refuse qu’on parle de la ligne Azur anti-homophobie dans ces mêmes écoles…
Hum hum…

Ce sont ces personnes qui face aux témoignages d’homos qui se font harceler, tabasser, menacer n’ont pas un instant de compassion mais expliquent plutôt que ce n’est pas de leur faute et qu’elles ont la conscience tranquille. Et l’empathie très fluctuante apparemment. Qui face à un gars qui vient de se faire péter la gueule va d’office lui dire en le voyant arriver le visage ensanglanté “ah mais non, j’y suis pour rien moi, oulàlà t’approche pas, le sang ça tâche !!” ??
Ce sont ceux qui vont dire qu’ils n’ont aucun problème avec l’homosexualité mais quand même, si leur fils leur annonce qu’il est PD, on va l’envoyer chez le psy parce que bon…
Ce sont les mêmes qui vont te dire que c’est la faute du lobby LGBT (qui n’a pas les moyens financiers de la manip pour tous, hein, vous savez celle qui a claqué des millions en affiches, sweat-shirts, bus, trains, etc.) et que ces homos qui se victimisent et font du prosélytisme, quand même… Oui oui, ces gens qui n’ont AUCUN problème avec l’homosexualité, mais qui ne veulent surtout pas de ça chez eux et qui sont persuadés qu’on peut faire du prosélytisme gay !!
Prosélytisme : Zèle ardent pour recruter des adeptes (Maxipoche Larousse 2010).
L’homosexualité n’est PAS un choix. On ne peut PAS recruter d’adeptes.

Et si pour vous, parler d’homosexualité librement, sans préjugés, sans jugement, sans injonction normative, c’est du prosélytisme alors OUI, vous avez un problème avec l’homosexualité.
Et si pour vous, que deux hommes ou deux femmes élèvent un enfant, ça pose un problème, alors le problème, c’est VOUS, parce que vous savez que le gamin, il n’aura pas la même vision étriquée du monde que VOUS.
Il n’y a aucun enfant à protéger de quoi que ce soit. La question de la filiation, j’en ai parlé dans un précédent billet et il n’y a aucune perte de filiation biologique.
La PMA des couples hétéros n’a jamais fait descendre personne dans la rue et 20 000 enfants naissent en France chaque année grâce à la médecine.
La GPA emportait l’adhésion de la gauche et de la droite il y a quelques années… tant que cela ne concernait que des hétéros. Maintenant que les homos pourraient être concernés, c’est devenu la pire abomination qui soit. Bizarrement, quand c’était un homme et une femme qui allaient faire appel à une mère porteuse, c’était acceptable. Maintenant que cela pourrait être deux hommes, c’est devenu de l’esclavagisme et de la marchandisation des corps. Hypocrisie ultime.

Il n’y a pas besoin de pierres, de cordes, d’armes pour tuer, il suffit de mots, qui à force d’être rabâchés comme des mantras de haine, finissent par ronger l’être de l’intérieur au point qu’il en vient à se suicider. Pas parce qu’il est homo, mais parce que vous êtes homophobes et que vous ne lui avez pas laissé le moindre petit espoir d’être lui-même et de découvrir qu’il pouvait être parfaitement heureux.

Alors, ASSUMEZ. Assumez votre haine, votre aveuglement, votre ignorance. Assumez votre peur, votre intolérance, votre manque d’humanité. VOUS avez un problème.
Pas moi. Pas nous.

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