Homophobie acte 254786…


L’homo/bi/transphobie tue !

Jeudi dernier avait lieu la Pride à Jérusalem. Un événement qui a eu droit à sa triste médiatisation mondiale suite à l’attaque d’un extrémiste juif qui y a poignardé 6 personnes. Un fanatique qui venait de sortir de prison après avoir déjà accompli le même acte en 2005. Difficile d’être plus prévisible et pourtant rien n’a été fait pour éviter ce drame. Il a finalement coûté la vie à une adolescente de 16 ans, Shira Banki, qui a succombé hier à ses blessures.
(Entre ça et le bébé palestinien mort dans l’incendie de sa maison par des colons juifs, on peut dire que le week-end a été moche dans cette région du monde. Pas que là-bas d’ailleurs, si on regarde du côté de la frontière franco-britannique qui aligne également de tristes records de morts de migrants désespérés et prêts donc à mourir pour un espoir de vie meilleure…)

Voilà. Pour ceux/elles qui doutaient encore que l’homophobie tue. Que des individus haineux se sentent en droit de menacer et tuer au nom de croyances (le sixième commandement « tu ne commettras pas de meurtres », a priori, a droit à des exceptions), de défense de la civilisation, de convictions puantes qui les rendraient meilleurs qu’un LGBT. Sacré péché d’orgueil de leur part que de croire que leur vision étriquée et limitée du monde est la seule valable, qu’ils sont les seuls garants de la bonne marche de la civilisation humaine et que cela leur donne le droit d’être juges et bourreaux. Pour eux, la liberté d’expression n’existe que dans un sens, le leur, et toute réaction (qui ne les censure pourtant pas) face à leurs propos y porte atteinte, alors qu’eux ne se dérangent pas pour nous silencier.

Depuis le début de cette année, une bonne dizaine de femmes trans, majoritairement noires, ont été assassinées aux Etats-Unis.
Des lois ont été votées dans divers états américains pour permettre aux commerçants de refuser de servir des gays et lesbiennes sous prétexte de liberté religieuse.
Un militant LGBT a été assassiné en Colombie le 24 juillet dernier.
Des militants LGBT sont incarcérés en Russie, d’autres sont tabassés.
Organiser une Pride à Kiev, Moscou, Séoul, Istanbul ou en Ouganda est un sacré acte de courage face à des menaces très fortes, et des autorités souvent homophobes.
Sans compter les encore trop nombreux pays où un.e LGBT peut finir en tôle voire être condamné.e à mort.
En France, Mélanie Hénique, une nageuse de l’équipe de France, a été victime d’une agression homophobe fin juin, de même que Julien Pontes, président du Paris Foot Gay, et son mari il y a quelques jours. Visages tuméfiés, nez cassé…
Tandis qu’en Allemagne, un évêque suisse ultra-conservateur jubile en rappelant à un auditoire en liesse la peine de mort à laquelle son Dieu condamne les homosexuels selon la Bible, dans le charmant Lévitique qui fourmille de pépites haineuses du même genre.
Et tant d’autres actes, dont on entend souvent peu parler, qui sont autant de violences constantes envers des personnes qui ont juste le malheur d’exister…
Les réseaux sociaux regorgent d’appels homophobes, rarement sanctionnés (même si cela arrive, heureusement).
Et on passera sur les multiples haineux Manip pour tous qui ne voient pas ce qu’il y a d’homophobe à refuser à un couple homo un droit dont eux bénéficient depuis toujours. Ces intégristes qui essaiment un peu partout : Die Demo für alle en Allemagne, National Organization for Marriage aux USA, La Manif pour tous ItaliaU ime obitelji (« Au nom de la famille« ) en Croatie…

Et puis il y a ces commentaires face à la mort de la jeune Shira Banki, ces gens qui se réjouissent « une de moins », « elle l’avait cherché »…
Ces gens qui légitiment les menaces et la mort car une Pride est à leurs yeux une provocation. Qui expliquent que c’est en restant cachés qu’on sera acceptés (spoiler : non)… Qui au final font comprendre qu’il n’y aurait pas d’homophobie s’il n’y avait pas d’homo. Que des femmes trans ne seraient pas assassinées ou ne se suicideraient pas sous pression de la famille si elles vivaient en mecs, et acceptaient d’être malheureuses à vie (et de même pour les hommes trans). Que des bi.e.s ne risqueraient rien en restant avec l’autre genre au lieu de « faire leur caprice » (sans compter les homo pas avares en biphobie non plus, hélas, parce qu’on peut être victime d’une oppression et être soi-même oppresseur…).

Mis nous n’avons pas à nous « faire accepter ». Nous n’avons pas à faire d’efforts particuliers pour être considérés comme des êtres humains respectables. Nous n’avons pas à donner « une bonne image », à bien présenter pour qu’on nous « tolère ».
Nous SOMMES des individus à part entière. Nous ne faisons rien de mal. Nous existons comme nous sommes, simplement. Ce qu’on peut faire dans l’intimité avec ceux/elles que nous aimons ne vous regardent pas. Vous n’avez pas à demander ce que nous avons entre les jambes, qui fait l’homme, si on utilise des objets ou si c’est du vrai sexe entre femmes. Vous n’avez pas à vous interroger sur nos pratiques sexuelles, tout comme vous ne demanderez pas à un couple hétéro s’il préfère la levrette ou la sodomie.
Et pour autant, vous n’avez pas à nous dire de nous cacher, de ne pas nous tenir la main dans la rue, de ne pas nous embrasser tendrement publiquement, de ne pas nous enlacer comme peut le faire n’importe quel couple hétéro sans que cela ne choque personne. Nous existons. Nous aimons. Nous souffrons. Nous n’avons pas à demander la permission d’exister à qui que ce soit. Nous ne sommes coupables d’aucune faute de par nos amours. Nos amours que nous devons pouvoir montrer comme n’importe quel couple sans que cela soit pris pour une quelconque provocation ou propagande. Nous ne sommes pas une secte, pas un club, nous ne distribuons aucune carte de membre. Nous ne sommes pas un groupe homo-gène, nous avons chacun.e notre personnalité, notre individualité, nos combats, notre vie, multiple et plurielle, comme pour tout le monde. Nous ne formons pas un groupe uni qui partageons tous les mêmes idées, loin de là. Et si je dis « nous », ce n’est nullement pour parler au nom de tous ces individus divers et différents mais juste pour dire que nous existons.

Mais face au rejet, au mépris, aux insultes, au harcèlement, aux menaces, aux moqueries, aux coups, à la mort même trop souvent, nous ne répondons pas par la haine, la violence, l’agressivité : nous répondons par l’appel à l’application des lois, l’évolution juridique, et les Marches des fiertés. Nous répondons par un défilé, festif, politique. Nous répondons par des images de baisers, de couples amoureux, enlacés, tous les jours de l’année. Nous répondons par notre existence même. Face à la violence, nous contenons notre colère et répondons par l’amour. Et même ça, certains le prennent pour une provocation…
Préféreriez-vous voir notre colère prendre feu et rendre chaque coup, chaque injure, chaque menace ?

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3 réflexions sur “Homophobie acte 254786…

  1. A la liste des personnes assassinées, j’ajouterai celles qui se sont suicidées.
    Parce que ces suicides amenés par la violence psychologique, par le rejet, par les pressions sociales, par le harcèlement sous toutes ces formes… C’est, au fond, des meurtres où les assassins ont su garder les mains propres…

    Aimé par 2 people

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