Un week-end LGBT : paroles et lectures


contact01Ce week-end, j’ai participé pour la première fois à un groupe de paroles. Étant plutôt réservée et pas très sociable, je n’avais jamais franchi les portes d’une association. Baptême du feu donc avec la réunion bimestrielle de l’antenne départementale de Contact 74, association favorisant le dialogue entre les LGBT, leurs parents et les familles en général. Non pas que j’ai spécialement de souci de ce côté-là mais j’étais curieuse et l’idée de partage d’expériences sur un tel sujet m’intéressait, étant désormais assez sensibilisée au militantisme anti-LGBTphobies.
Il faut dire que dans le coin, niveau réseau associatif rayon LGBT, c’est très très limité (et Contact n’a d’ailleurs pas pour le moment le statut d’association à proprement parler dans le département même s’ils y travaillent). Un peu frustrant quand on a potentiellement envie d’aller plus loin que des mots sur le net…
La réunion a eu en tout cas du succès, nous étions une dizaine (dont un homme). Chacun.e a pu se présenter, sans stress, sans pression, chacun.e pouvait parler s’il/elle le souhaitait ou simplement écouter. Il y eut des moments de grand silence, d’autres très animés, avec notamment des témoignages rapportés par des bénévoles de l’association, sur des interventions en milieu scolaire par exemple. Ce fut riche, varié, intéressant.
Et un peu déstabilisant pour moi également…

Je ne vois pas grand monde de la journée, travaillant chez moi, et mes interactions sociales se limitent à mes discussions internet (principalement twitter). La réunion s’est donc révélée d’autant plus intéressante et enrichissante (j’adore twitter, mais discuter en face-à-face, c’est quand même appréciable). L’occasion pour moi de bien me rendre compte de la difficulté à gérer ça : soit je reste passive, simple observatrice et je ne participe pas (et je suis invisible) soit, relativement mise en confiance ce qui était le cas ici, je m’implique, prends la parole, quitte à en faire trop. Après coup, j’ai peur d’avoir pris trop de place, d’avoir été trop agressive, d’avoir un peu trop joué à étaler ma pseudo-science, etc.
Bref, petit malaise personnel après coup, qui me fait douter et me dire « Ne devrais-je pas plutôt rester dans mon rôle habituelle d’observatrice passive ? ». Rôle que j’ai repris d’ailleurs d’office après la réunion, au moment des rafraîchissements où je ne savais plus où me poser, ne sachant absolument pas faire la conversation, avec cette vague impression de ne pas du tout savoir comment interagir. C’est habituellement le moment où je m’éclipse très vite. Étant hypersensible, je supporte mal le bruit, le monde. C’est même pour ça que je ne participerai à aucune activité de la seule asso LGBT d’Annecy : les soirées me sont physiquement insupportables, les randonnées et autres activités sportives, pas pour moi, les repas, surtout pas… Forcément, niveau convivialité, je me pose là 🙂 C’est pour ça que les associations proposant principalement des moments « conviviaux », festifs, ça ne me correspond pas.

Donc, le groupe de paroles, ça me convient mieux, même si j’y atteins vite mes limites. Je me suis rendu compte que c’est twitter qui m’a appris à exposer mes idées et opinions, et m’a permis d’avoir quelque chose d’un minimum construit à dire. C’est grâce à des mois de discussions sur le réseau que j’ai appris à oser intervenir.
Mais gérer une discussion en face-à-face et sur le net, ça reste fondamentalement différent et cette partie-là, je maîtrise assez mal pour le moment… L’écoute doit être en équilibre avec la réactivité et ce n’est pas évident. Et puis il faut aussi s’adapter au niveau de sensibilisation de chacun.e sur les divers sujets, là où sur twitter on se retrouve rapidement entre personnes ayant le même profil. En ressortant du groupe de paroles, j’en étais à me demander si le militantisme servait vraiment puisque finalement, beaucoup ne semblaient pas avoir de problèmes dans leur quotidien… Et pourtant, il y avait eu plusieurs fois des témoignages montrant son utilité.
Et justement ça me paraît assez intéressant de ne pas rester figée que sur une vision (à la base pour moi purement « internet »), qui est forcément limitée, et de m’ouvrir à d’autres regards, plus diversifiés et apportant des points de vue différents sur ces questions qui me construisent et me font évoluer en m’obligeant à constamment réévaluer les choses.

Au final, je suis contente d’avoir franchi le pas et j’espère en avoir encore l’occasion (le premier pas est difficile mais parfois, le deuxième n’est pas évident non plus). On ne sait pas forcément ce qu’on pourra apporter ou retirer de ces moments mais il ne faut pas hésiter pour autant à au moins tenter une fois le coup : dans mon cas, l’accueil était chaleureux, bienveillant, sans aucune obligation ni pression. On en retire forcément quelque chose, et on n’imagine pas forcément tout ce qu’on peut y apporter, ne serait-ce que par sa présence…

lecture01J’en profite d’ailleurs pour parler de ma dernière lecture rayon LGBT, finie ce week-end : Identités lesbiennes – En finir avec les idées reçues de Stéphanie Arc.
C’est en lisant un article que je découvre l’existence de ce livre, assez récent (mars 2015 mais je crois qu’en fait, c’est une réédition complétée d’un livre de 2010). 184 pages pour rappeler les divers clichés que doivent supporter les lesbiennes, et les déconstruire, avec précision, sources, références à des études ou d’autres livres. Exemples : On les reconnaît facilement – Entre femmes, ce n’est pas vraiment du sexe – Ce sont des garçon manqués – Elles n’ont pas trouvé le bon – C’est la faute des parents, etc. 16 idées reçues expliquées, décortiquées, analysées. C’est très intéressant, instructif, facile à lire et ça permet déjà de déconstruire ses propres préjugés (qu’on a tous.tes) et d’avoir des arguments pour répondre à ceux des autres, avec efficacité. Je le recommande chaudement.

lecture02De même d’ailleurs que Se dire lesbienne, Vie de couple, sexualité et représentation de soi de Natacha Chetcuti, qui est souvent cité en source dans le livre de Stéphanie Arc, et que j’avais déjà lu il y a quelques mois. Un ensemble de témoignages de récits de vie, qui permet de décrire des parcours diversifiés et d’examiner des constructions d’identités, montrant à quel point les relations homosexuelles ne se résument là encore pas à quelques clichés limités. Là encore, les personnes intéressées par le sujet trouveront de quoi réfléchir.

Je compte d’ailleurs bien continuer à explorer le sujet (LGBT et féminisme) au travers de futures lectures une fois bien installée dans mon nouveau logement, le déménagement étant une occasion de trier un peu les livres et de réserver potentiellement un rayonnage d’étagère à ça exclusivement (enfin, si j’arrive déjà à ranger tous les autres livres…).

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